
Pourquoi les entreprises doivent-elle adopter dès maintenant l’internet immersif ?

A la vitesse où les nouvelles technologies évoluent et convergent, le changement est imminent, même si il faudra encore deux ou trois ans pour « sauter le gouffre », expression de Geoffrey Moore (Crossing the Chasm), qui sépare l’adoption d’une technologie d’utilisateurs précoces (early adopters) à une adoption plus massive (early majority).

De la même façon qu’il nous est de plus en plus difficile d’imaginer travailler sans internet, il en sera de même d’ici cinq petites années pour l’internet immersif. Nous étudierons et nous formerons dans des campus virtuels où l’immersion et la simulation offriront des avantages inimaginables pour la compréhension de situations ou d’applications familières ou professionnelles.

Alors, quelles raisons pourraient pousser une entreprise à intégrer dès aujourd’hui l’internet immersif dans sa stratégie de développement et quels sont les champs d’application où elle peut investir cette nouvelle technologie en misant sur un retour sur investissement mesurable ?
La société d’étude ThinkBalm vient de publier une étude qui fait le point sur la création de valeur ajoutée (business value) de l’internet immersif dans les pratiques professionnelles de sociétés aussi diverses que IBM, Microsoft, BP, United Space Alliance, Prefered Family HealthCare, La ville de Lasalle (Illinois), Michelin ou encore Kelly Services .
Cette étude conduite de façon rigoureuse met en perspective les bénéfices retirés par les différentes organisations, tant du point de vue économique que du point de vue humain. Réduire les dépenses tout en augmentant le niveau d’engagement est d’un point de vue général l’avantage que ces entreprises en retirent. Les utilisations actuelles portent essentiellement sur les processus d’éducation, de formation, de réunions et conférences.
Mais les entreprises les plus avancées envisagent dès à présent l’utilisation des univers virtuels comme outils collaboratifs pour la visualisation de données en 3D, le design collaboratif et de prototypes, la répétition de situations commerciales, ou encore le management des ressources humaines.
Cette étude est d’ailleurs extrêmement bien présentée en 3D dans Second Life, et surement plus didactique que le pdf !

L’étude pointe la qualité des échanges dans les réunions en immersion, considérée comme largement supérieure aux techniques de vidéo-conférences ou autres formes de téléprésence. Ces échanges interactifs en immersion se rapprochent davantage des entretiens en face à face. Ma propre expérience et les études que j’ai menées sur ce sujet (Coaching et nouvelles technologies) vont dans ce sens. La question du non verbal et du paraverbal résonne différemment dans un univers virtuel, entraînant la création et la formalisation d’une autre langue s’appuyant sur d’autres énoncés, d’autres codes que les parties apprennent à décrypter.
Les résultats sont pertinents et supérieurs à toute autre forme d’échange à distance. La différence : l’interaction dans le même espace physique virtuel est du même ordre émotionnel que l’interaction en face à face.
L’autre avantage que je vois dans l’utilisation des cette technologie est sans conteste, l’adhésion de l’entreprise à une véritable politique de développement durable, réduisant de ce fait son empreinte carbone mais pouvant aussi fortement contribuer à améliorer la qualité de vie des acteurs internes et externes liés au fonctionnement de l’entreprise. En diminuant le nombre de déplacements, automobiles, trains, avions, via la virtualisation des échanges (pas tous bien sur !), l’entreprise s’inscrit dans le cadre d’une économie verte luttant ainsi contre le changement climatique et pouvant se flatter de la création d'emplois de qualité.

Définir une stratégie claire pour les 3 ans qui viennent.
Dès aujourd’hui, les entreprises peuvent donc entreprendre dans les univers immersifs. Elles doivent le faire avec la pleine conscience de ce gouffre qui sépare encore les utilisateurs précoces des utilisateurs de masse. Elles peuvent le faire en se gardant de toute sur-estimation des objectifs, et de toute sous-estimation des coûts et des obstacles. En commençant dès maintenant, armées d’une vision claire et d’une stratégie à court et moyen terme, et accompagnées de vrais professionnels, les entreprises peuvent espérer tirer de leur investissement, une expérience unique, et des bénéfices visibles rapidement.

Il ne s’agit pas comme dans les années 2006/2007 de ne vouloir tirer profit de leur utilisation que pour créer du buzz pour accompagner une campagne de relations médias. La stratégie implique au préalable, d’avoir précisément défini la mission que l’on affecte à l’utilisation de l’internet immersif et les cibles que l’on vise. Il s’agit de résoudre une problématique d’entreprise : commerciale, communication, innovation, ressources humaines etc.

Hélène Zuili est co-fondatrice de makemyworlds, société européenne spécialisée sur le développement des entreprises dans les univers virtuels. Elle est accréditée Linden Lab Solution Provider pour Second Life. Elle peut être jointe à helenezuili(at)gmail.com
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